Les pratiquants développent fréquemment une peur vis-à-vis de la préparation physique (et plus particulièrement du renforcement musculaire) : celle d’être ralentis. Pourtant, la qualité de vitesse, désormais bien connue, peut être développée de manière efficace.

La vitesse est une qualité complexe et composite, dont l’appréhension globale nécessite : une connaissance précise des filières énergétiques concernées, une maîtrise des processus neuromusculaires mis en jeu, une identification précise de ses conditions d’expression spécifiques à une discipline ; et évidemment des méthodes de développement idoines.

Frederic Aubert distingue 3 grandes expressions de la vitesse : l’expression pure de la vitesse (ou rapidité de déplacement d’un segment corporel ou de l’ensemble du corps), la vélocité (ou fréquence gestuelle), et la vivacité. Cette dernière, objet de notre attention dans cet article, n’est pas la moins complexe : il s’agit de l’expression de la coordination dans la vitesse, mêlant (isolément ou sous forme d’enchaînement) accélération et freinage, force élastique, vitesse d’action isolée et vitesse de réaction.
Si le traitement de chacune de ces qualités composant la qualité générique de souplessepeut s’effectuer de front ou isolément, nous allons nous concentrer sur la promptitude à réagir, ou « vitesse de réaction ». Le temps de réaction est assujetti à 5 étapes qu’il s’agit de raccourcir au maximum :
  • La perception de la stimulation par le récepteur concerné (l’oreille qui entend le coup de feu, l’œil qui voit le feu vert…)
  • La transmission de l’information au système nerveux central
  • La formation de l’ordre d’exécution
  • La diffusion du message vers les muscles
  • La mise en œuvre, notamment par la contraction musculaire
On distingue parmi les différentes pratiques sportives deux type de vitesse de réaction. La vitesse de réaction simple se caractérise par un faible degré d’incertitude. La sportif n’a alors pas de pression contextuelle : il se contente de réagir le plus rapidement possible, toujours de la même manière, à un signal clairement identifié.
A l’inverse, le temps de réaction complexe est tributaire des aléas situationnels : l’athlète ne connaissant pas forcément à l’avance le signal et/ou la réaction adaptés. Pour la plupart des disciplines sportives, le temps de réaction est donc moins rapide que pour un temps de réaction simple, ralenti au niveau du choix de l’information, mais aussi du choix de la réponse.
Afin de réduire le temps de réaction et le rapprocher au maximum du temps de réaction simple, le sportif peut :
  • Anticiper, en prenant de l’information experte sur la situation pour parier sur l’avenir et prendre de l’avance dans l’organisation de la réponse.
  • Limiter les « degrés d’incertitude » en isolant le travail à un thème particulier.
LE SAVIEZ-VOUS ?

LE TEMPS DE RÉACTION N’EST PAS STABLE DANS LE TEMPS, ET IL EXISTE DES MOMENTS PRIVILÉGIÉS POUR LE DÉVELOPPER. GILLES COMETTI RAPPORTE UNE PÉRIODE IDÉALE ENTRE 7 ET 10 ANS.

Ces données théoriques attestent de la précision dont devra faire preuve le préparateur physique dans l’étalonnage de ses charges de travail. Comme pour tout travail physique, l’évaluation initiale (et les évaluations intermédiaires tout au long de l’année) permettra de guider l’entraîneur dans son projet d’entraînement.

La vitesse est une qualité  profondément ancrée génétiquement. La vitesse de réaction n’échappe pas à cette réalité, rendant la marge de progrès plus faible que pour d’autres facteurs, d’autant plus si le travail débute tardivement dans la vie du sportif. Néanmoins, dans de nombreuses disciplines, les centièmes de secondes glanés par l’entraînement peuvent se révéler déterminants…

ÉVALUER LE TEMPS DE RÉACTION

Divers dispositifs plus ou moins fiables, et surtout plus ou moins chers existent sur le marché. Un appareillage satisfaisant, et dont les préparateurs physiques sérieux sont équipés (les préparateurs s’occupants d’équipes sportives évidemment) nous vient de l’athlétisme : il s’agit des cellules photos électriques équipées d’une pédale de réactivité.m Outre la mesure exacte de la vitesse de déplacement du sportif lors de son passage entre les cellules, cet équipement fournira de manière précise le temps qui s’est écoulé entre le signal du départ et le moment où le pied du sportif a réellement quitté la pédale pour amorcer la course : il s’agit du temps de réaction.
Il est ensuite possible de varier les conditions de départ, ainsi que les critères de l’épreuve afin de se rapprocher des conditions de la discipline sportive (on cherche bel et bien à mesurer la réactivité du sportif dans sa pratique). Il est évident de noter qu’en raison des temps extrêmement courts, toute mesure au chronomètre manuel du temps de réaction s’avère impossible.

Même si il est difficile de dégager des généralités de caractéristiques extrêmement variables d’un individu à l’autre (et non-centrales dans la performance), voici néanmoins une indication des temps observés : un sportif normal dispose d’un temps de réaction variant de 0,4 à 0,5 s alors que les meilleurs sprinters mondiaux approchent les 0,12 s.

Attention ! Si la vitesse de réaction peut se révéler déterminante dans certaines circonstances, elle ne constitue pas un facteur principal de performance.
LE SAVIEZ-VOUS ?

ALORS QUE LA LUMIÈRE VA PLUS VITE QUE LE SON, LE TEMPS DE RÉACTION À UN SIGNAL SONORE EST PLUS COURT QUE CELUI CORRESPONDANT À DES SIGNAUX VISUELS. EN EFFET, LES RÉACTIONS MÉCANIQUES DES RÉCEPTEURS DE L’OREILLE SONT PLUS RAPIDES QUE LES RÉACTIONS CHIMIQUES INDUITES PAR L’ŒIL.

Nous vous recommandons la lecture de la Préparation physique moderne , d’Aurélien BROUSSAL et Olivier BOLLIET.

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