Les filières énergétiques sont la clef de la performance humaine. Que nous parlions de force, d'endurance, ou même de vitesse, les muscles sont mus par un moteur hybride complexe, alimenté par des sources d'énergie multiples.

Jusqu'ici c'est la courbe d'Howald qui dictait notre compréhension et notre apprentissage des filières énergétiques. Et si elle nous induisait en erreur ?

Les lactates au coeur de la production énergétique

Ils ne sont pas un déchet métabolique mais au contraire servent l'effort !

La courbe d’Howald laisse en effet penser que les filières se succèdent au cours d’un effort, comme si elles prenaient le relais les unes des autres.

En outre, ce modèle ne démontre pas clairement aux non spécialistes la variété d’expression de chaque filière au regard des différents types d’effort.

Pire, elle ne prend pas en compte la réalité de la typologie musculaire dans la gestion des ressources énergétiques…
Vous savez peut-être que le muscle est composé de différents types de fibres.

Pour mémoire on distingue tout d’abord les fibres à contraction lente, particulièrement vascularisées et fournies en mitochondries, dont le rendement maximal survient lors de contractions répétées ou prolongées à intensité infra maximale.

Et puis il y a les fibres rapides, largement innervées, dont l’efficacité s’exprime dans les contractions intenses et les efforts courts et maximaux.

Ces dernières sont divisées en deux sous-catégories, les fibres fatigables et les fibres moins fatigables. Toute la physiologie de l’effort est sous-jacente à ces mécanismes de contraction. Car produire une performance physique revient d’un point de vue moteur à enchaîner des contractions.

Et pour cela, il faut un système de conversion des combustibles en énergie.

Le continuum énergétique

Le moteur hybride en action

Selon l’intensité et la durée de l’effort, la production d’énergie se fera avec ou sans apport d’oxygène. La dégradation du glucose à l’effort (qui est le principal combustible), continue ainsi à mesure que l’effort se prolonge (et que l’intensité est modulée à la baisse), en utilisant de plus en plus d’oxygène.
On parle couramment de filières anaérobie (sans oxygène) ou aérobie (avec oxygène), mais il s’agit plus d’un continuum dont la dominante dépend du type d’effort.

Le corps humain est en fait un moteur hybride, mu par plusieurs systèmes de production énergétiques, qui prédomineront selon le contexte sportif.

L’énergie

C'est la demande qui créé l'offre, pas l'inverse !

Lorsque l’intensité de l’exercice augmente, et que les contractions musculaires intenses sont répétées, les fibres rapides produisent beaucoup de lactates.

La forme stockée du glucose, le glycogène, est dégradée en pyruvate (qui permet ensuite de produire de l’énergie).

Ce pyruvate peut ensuite pénétrer dans la mythocondrie où, en présence d’oxygène, il est directement transformé en énergie (c’est donc la voie aérobie).

Mais lorsque l’intensité augmente, les fibres rapides sont mises à contribution et la production de pyruvate dépasse leurs capacités de traitement dans la mitochondrie, le pyruvate s’accumule à l’entrée de cette dernière, il est alors converti en lactate. C’est ce qu’on appelle la voie anaérobie.

C’est ce qui se passe dans les circuits training intenses, comme en CrossFit. L’intensité est suffisamment importante pour que les deux systèmes fonctionnent conjointement: la dégradation accélérée du glucose, nécessaire à la production d’énergie pour les intenses contractions musculaires, induisent une importante production de pyruvate, qui dépasse les capacités de traitement de la mitochondrie, et conduisent à une production de lactates.

Le lactate est ainsi principalement produit par les fibres rapides, dont la saturation mitochondriale accélère la production de pyruvate lors de l’effort intense.

C’est ce qui se passe, notamment, lors des circuits intenses de CrossFit, qui vont donc générer une quantité importante de lactates.

Le lactate est alors capté par les fibres lentes avoisinantes qui vont l’utiliser comme substrat énergétique grâce au système aérobie. 
Le reste du lactate produit est diffusé dans le sang, pour être utilisé comme source d’énergie par le coeur, ou par d’autres fibres lentes, rendues disponibles au cours d’une récupération active.

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