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Nous avons déjà abordé les neurotransmetteurs présents dans notre cerveau dans l’article sur les causes de la fatigue. Ici, nous parlerons de neurotypologie, une méthode d’entraînement mise en place par Charles Poliquin et reprise par Christian Thibaudeau.

Dans cet article, nous nous intéresserons à la méthode de Thibaudeau. Tous les principes ci-dessous sont repris de sa méthode.

Les neurotypes quesaco ?

La neurotypologie, ou le neurotyping, part du principe que la personnalité est influencée par les taux de neurotransmetteurs que nous possédons. Ces neurotransmetteurs favoriseraient ainsi tel ou tel type d’entraînement, car ils nous permettraient de mieux récupérer de ce dernier. La personnalité des sportifs est alors évaluée afin de déterminer quel type d’entraînement lui plaît le plus et lui corresponds le plus. On parle alors d’individualisation et de maximisation d’une méthode d’entraînement selon l’individu. Ces principes s’appliquent tout au long de la saison que ce soit pour l’entraînement en résistance ou l’entraînement cardio-vasculaire.

Voici les neurotransmetteurs sur lesquels se base Thibeaudau pour expliquer la préférence neurotypologique :

  • Dopamine : fonctionne sur le système de récompense et joue sur la motivation, il est le précurseur de l’adrénaline
  • Noradrénaline : associé à la confiance et au sentiment de bien-être, elle joue un rôle dans l’excitation, l’attention et l’apprentissage
  • Sérotonine : associé à la fatigue, elle est un précurseur de la mélatonine. Elle joue un rôle dans la régulation des cycles circadiens et dans les problèmes d’ordre psychologique (dépression, stress chronique, etc…)
  • GABA : associé à la régulation de l’activité nerveuse, elle joue un rôle dans le contrôle de l’anxiété
  • Acétylcholine : impliqué dans la mémoire, l’apprentissage, ce neurotransmetteur intervient dans le contrôle des mouvements (y compris mouvements cardiaques)

Si un athlète possède plus ou moins de ces neurotransmetteurs, il va alors préférer différents stimuli d’entraînement, et mieux récupérer avec celui-ci.

Thibaudeau décline les personnalités en 5 différents neurotypes :

Neurotype 1A

  • Faible taux de dopamine
  • Faible taux d’acétylcholine
  • Traits caractéristiques

Ce type de sportif aime les défis et la compétition. Il peut très bien gérer le stress et il excelle sous pression et en compétition. Il ne peut se concentrer que sur une seule chose à la fois. C’est une personne souvent extrovertie et à l’aise en public. Il aime argumenter et aller à contre-courant, ne se soucie pas de ce que les autres pensent de lui. Il est caractérisé par des niveaux très faible d’anxiété. Il est toujours à la recherche de nouvelles sensations fortes (déplétion dopaminergique).

  • Spécificité de l’entraînement

Cet athlète peut être décrit comme la force brute, il préfère les exercices difficiles. Vous le séduirez avec du travail lourd. Il peut tolérer de grands volumes de travail nerveux et de très petits volumes de travail musculaire. Attention, il n’est pas naturellement doué ou attiré par les sports d’endurance, en particulier parce qu’il s’ennuie rapidement. La MOTIVATION est la clé de la réussite pour cet athlète. Une bonne façon de planifier est d’inclure régulièrement de nouvelles choses.

Neurotype 1B

  • Faible taux de dopamine
  • Haut taux d’acétylcholine
  • Traits caractéristiques

Ce sportif possède une très bonne mémoire. Il est facile de lui proposer plusieurs tâche à accomplir. C’est un leader, de type « alpha » classique. Il ne supporte pas bien l’autorité, mais il est très à l’aise en milieu social. C’est un accro à l’adrénaline, il est toujours à la recherche du prochain frisson. Il dispose enfin d’une grande capacité à gérer le stress.

  • Spécificité de l’entraînement

Cet athlète peut être décrit comme « Explosif ». Il s’adapte très rapidement à l’activité physique, il est bon dans tout ce qu’il entreprend. Ce type a d’ailleurs souvent la meilleure prédisposition génétique pour devenir un athlète de haut niveau. Le type 1B, comme le 1A, possède également un pourcentage élevé de fibres musculaires à contraction rapide. Il excelle ainsi naturellement dans les mouvements explosifs et puissants. Il réagira toujours mieux à une intensité d’entraînement élevée, mais peut tolérer un volume beaucoup plus élevé que le type 1A. Les périodes de récupération peuvent aussi être plus courtes. Il est également très bon dans l’autorégulation (à bon niveau). Il a un très haut niveau de transfert de compétences.

Neurotype 2A

  • Faible taux de noradrénaline
  • Haut taux de GABA
  • Traits caractéristiques

Ces personnes sont souvent très empathiques et sociales. Cependant, ils sont très dépendants de la reconnaissance des autres. Ils ont alors une faible estime d’eux-même et ont besoin de se sentir à leur place. Ils sont bons dans l’interprétation des autres. Ils ont tendance à imiter le leader. Le fait qu’ils soient bons dans la résolution de conflits fait alors d’eux des leaders silencieux. Ce ne sont généralement pas des athlètes naturellement doués (comme le 1B), mais ils se rattrapent en travaillant dur. Ils ont besoin d’énormément de variété, dans l’entraînement, la nutrition et également dans la vie en général.

Attention, il ont tendance à s’effondrer sous la pression.

  • Spécificité de l’entraînement

Le mot qui décrit cette profil est « Variation ». Tout fonctionne sur ce type de personne, à condition de changer régulièrement de stimulus. Il a besoin de pratiquer le mouvement en particulier afin de progresser (faible transfert de compétences). Il a aussi besoin d’une bonne quantité d’exercices d’échauffement et de volume d’entraînement, mais plus de travail d’habileté que de travail d’activation du SNC. Il peut avoir les mêmes compétences qu’un 1B, mais il est moins confiant et moins bon sous la pression.

Neurotype 2B

  • Faible taux de noradrénaline
  • Faible taux de GABA
  • Traits caractéristiques

Ce type de personne préfère recevoir des ordres. Alors il préfère travailler au service de quelqu’un. Il a besoin de se sentir « connecté » avec les gens, il a moins d’amis, mais ce sont des amis très proches. C’est souvent quelqu’un d’introverti, qui n’est pas à l’aise avec les grandes foules.

  • Spécificité de l’entraînement

Ce type a besoin de ressentir la connexion « esprit-muscle » dans l’entraînement (recherche le ‘pump’). C’est pourquoi il préfère un entraînement classique de culturisme par rapport à un entraînement avec des poids lourds. Ou encore comprenant des mouvements explosifs ou un apprentissage d’une certaine habileté. Il a besoin d’un rythme d’entraînement modéré pour ressentir chaque exercice correctement. Il a enfin besoin de s’entraîner rapidement (avec de courtes périodes de repos, parce qu’il a besoin d’adrénaline).

Neurotype 3

  • Faible taux de sérotonine
  • Traits caractéristiques

Ce type de sportif est celui qui peut tolérer le moins de stress et d’intensité car il a naturellement des niveaux élevés de cortisol. Il se sent ainsi facilement dépassé. Il est généralement très introverti, souvent timide. Il s’épanouit dans la routine et la structure: plus il y en a, mieux c’est. Ca lui procure un sentiment de sécurité. Ainsi, il aime planifier, et a une très bonne organisation. Il lutte si les plans changent à la dernière minute, car cela entraîne une augmentation de son niveau de stress. Ce type essaye d’éviter tout type de risque (dans la vie et dans l’entraînement). Il a une tendance perfectionniste. Il n’aime pas le changement, mais excelle dans la planification et la préparation. Il réagit souvent mal à la critique (même la critique constructive).

  • Spécificité de l’entraînement

C’est un type de sportif naturellement enclin aux sports d’endurance, puisque cela a un effet calmant sur son système nerveux. Cela réduit ainsi son taux naturellement élevé de cortisol. Ils est long à trouver une forte intensité (c’est un « diesel »). Il n’aime souvent pas la concurrence et préfère les sports cycliques (marche, course à pied, vélo, etc…). Par ailleurs, il supporte mal les variations dans l’entraînement. Il est généralement bien adapté pour une planification linéaire avec une grande concentration sur la technique. Il n’aime souvent pas les sports de contact, les arts martiaux, les sports d’adrénaline ou les sports extrêmes. Il perd sa motivation lors d’un changement soudain de plan (par exemple, l’entraîneur a une nouvelle idée d’exercice ou veut changer le programme à la dernière minute).

Pour conclure ...

Attention, l’approche par Neurotype de l’entraînement n’est qu’un guide. Il faut prêter attention à l’individu et ne pas le placer dans une case. Le problème de ce système c’est que chaque catégorie est binaire. Soit il est Type 1A soit il ne l’est pas. Or dans la réalité, c’est un peu plus complexe que cela. La neurotypologie permet de déterminer des tendances, mais un individu peut se retrouver dans 2 catégories différentes. Le neurotyping est une aide qui permet d’individualiser l’entraînement, mais il ne faut pas non plus dire : « tu es un type 3 donc tu es forcément comme cela », il y a des nuances. Il convient davantage de réfléchir aux neurotransmetteurs plutôt que de s’auto limiter dans les méthodes sous-jacentes de neurotyping. Il faut plutôt comprendre le rôle de chaque neurotransmetteur afin de déterminer ceux qui déterminent le plus l’individu dans le but de l’orienter vers tel ou tel type d’entraînement/de nutrition. Le Neurotyping est ainsi un puissant outil d’aide à l’individualisation.

Source : différents podcasts sur le neurotyping avec C.Thibaudeau, ainsi que les vidéos de la chaîne Thibarmy

Nonstop Natural Gains: The Neuro Typing System

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