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La vitesse de réaction désigne la promptitude à réagir. Chez les sprinteurs particulièrement, on cherche à réduire son temps de réaction au maximum. En effet, améliorer sa vitesse de réaction peut faire gagner de précieuses millisecondes. Pour autant, l’exemple du sprint est caricatural : le temps de réaction concerne toutes les APS ! Après avoir vu comment produire de la vitesse dans cet article, concentrons-nous à présent sur l’étape d’avant : la réactivité.

LES BASES DE LA VITESSE DE RÉACTION

Le temps de réaction est assujetti à 5 étapes qu’il s’agit de raccourcir au maximum lorsque l’on cherche à améliorer sa vitesse de réaction :

  • D’une part, la perception de la stimulation par le récepteur concerné (l’oreille qui entend le coup de feu, l’œil qui voit le feu vert…) ;
  • La transmission de l’information au système nerveux central ;
  • Puis, la formation de l’ordre d’exécution ;
  • La diffusion du message vers les muscles ;
  • Et enfin la mise en œuvre, notamment par la contraction musculaire

On distingue parmi les différentes pratiques sportives deux types de vitesse de réaction

La vitesse de réaction simple. Celle-ci se caractérise par un faible degré d’incertitude. Le sportif n’a alors pas de pression contextuelle : il se contente de réagir le plus rapidement possible, toujours de la même manière, à un signal clairement identifié.
A l’inverse, la vitesse de réaction complexe est tributaire des aléas situationnels. Dès lors, l’athlète ne connait pas forcément à l’avance le signal et/ou la réaction adaptée. Pour la plupart des disciplines sportives, le temps de réaction est donc moins rapide que pour un temps de réaction simple. En effet, il est ralenti au niveau du choix de l’information. Mais aussi, au niveau du choix de la réponse.

Afin de réduire le temps de réaction et le rapprocher au maximum du temps de réaction simple, le sportif peut effectuer deux actions.

Anticiper : en prenant de l’information experte sur la situation pour parier sur l’avenir. Ainsi, on cherche à prendre de l’avance dans l’organisation de la réponse.
Limiter les « degrés d’incertitude » en isolant le travail à un thème particulier. Prenons un exemple en judo. Si le travail de contre ne s’effectue que par rapport à deux ou trois attaques prédéfinies, on limite l’incertitude que provoquent les milliers de combinaisons initialement possibles.
Ces données théoriques attestent de la précision dont devra faire preuve le préparateur physique dans l’étalonnage de ses charges de travail. Comme pour tout travail physique, l’évaluation initiale permettra de guider l’entraîneur dans son projet d’entraînement (on en parle dans ce podcast justement !). Cela lui permettra ainsi de développer la vitesse de son athlète. Les méthodes destinées à améliorer la vitesse de réaction peuvent être regroupées en deux grandes catégories : les méthodes de développement indirectes et les méthodes de développement directes.

Développement de la vitesse de réaction : méthodes indirectes

Les méthodes de développement indirectes de la vitesse de réaction regroupent toutes les procédures qui influencent indirectement cette dernière. Le tout, en augmentant un autre facteur de performance.

Le développement de la vitesse gestuelle (ou vitesse d’un mouvement isolé)

C’est désormais acquis. L’augmentation de la vitesse (on parle de la vitesse par ici !) pure d’un mouvement isolé, contribue à améliorer la vitesse de réaction. On pense par exemple aux lancers ou aux frappes. Par ailleurs, toutes les situations de travail en accélération très courte sont préconisées. À titre d’exemple, en course, on peut imaginer un travail de prise de vitesse maximale sur quelques foulées (4 à 6 foulées). Le principe est d’ailleurs transposable dans n’importe quelle discipline. La seule condition étant de ne pas avoir une inertie initiale trop difficile à vaincre pour propulser le mouvement. En Judo, lors d’Uchi-komis (répétitions de mouvements), il s’agira de lancer le corps sur 4 placements très lents, sans chute. Par la suite, on recherche le mouvement final : l’accélération la plus importante possible, libérée par la chute du partenaire.

La coordination bras/jambes

Gilles Cometti propose cette approche, habituellement adaptée pour les disciplines dont la locomotion centrale est la course. Notamment les sports collectifs, l’athlétisme ou le tennis par exemple. Plus l’athlète concerné performe à haut niveau, plus son cycle de bras est synchronisé avec celui des jambes. On espère qu’en développant une réactivité de bras élevée, ces derniers entraînent avec eux les jambes. Cela est permis par le phénomène de synchronisation. Apprenez-en davantage sur la coordination dans ce podcast !

Pour ce faire, l’athlète se tient debout, les bras placés en position de course et effectue au signal un mouvement de bras le plus rapidement possible.

Développement de la vitesse de réaction : méthodes directes

Les autres méthodes visent le développement direct de la vitesse de réaction. La situation initiale y est commune : l’athlète doit produire une réaction la plus rapide possible à un signal donné. Mais rapidement, ce dernier risque de s’habituer (ou pire, de s’ennuyer !). Dès lors, cela aura pour effet de limiter sa progression. Il apparaît donc comme indispensable de diversifier les contextes de la réactivité.

VARIATION DU STIMULUS

Il s’agit de varier le signal auquel devra réagir le sportif. Les variations peuvent porter :

  • Sur les signaux sonores : voix (en diversifiant les mots), musique, bruit de l’environnement naturel..
  • On joue également sur les signaux visuels : geste, lumière, placement des partenaires, action par rapport au positionnement de l’adversaire…
  • Ou encore, sur les signaux tactiles : contact (à différents endroits du corps), pincement…

VARIATION DE LA SITUATION DE DÉPART

La variation de la situation initiale porte cette fois-ci sur la position du sportif lorsqu’il attend le signal. Il peut être debout, assis, à genoux, à plat ventre, sur le dos. Mais soyez aussi créatifs : tête dans le sens de la marche ou non, yeux fermés ou ouverts…

VARIATION DE L’ACTION

Il est également possible de faire évoluer la vitesse de réaction du sportif au signal :

  • Mouvement sur place
  • Déplacement varié : course, pas chassés, déplacement spécifique…
  • Affrontement
  • Mise en place d’un schéma tactique, collectif ou individuel…

MAIS L’ATTENTION JOUE ÉGALEMENT UN RÔLE DANS L’AMÉLIORATION DE LA VITESSE DE RÉACTION

L’ORIENTATION DE L’ATTENTION

L’orientation de l’attention joue en effet un rôle sur le développement de la vitesse. Sur consigne de l’entraîneur, l’orientation de l’attention peut être externe (uniquement sur le signal). Mais aussi interne, de l’ordre du kinesthésique et du proprioceptif (centrée sur les sensations internes, les muscles effecteurs…). L’intérêt de varier est double :

  • La variété stimule l’intérêt du sportif
  • En se concentrant sur la contraction musculaire plus que sur le coup de pistolet, les temps consacrés à la captation du signal s’en voient considérablement diminués. Cela diminuant de fait le temps de réaction dans son ensemble.

LE DOSAGE DE L’ATTENTION

Il existe des conditions d’attente du signal optimales (Walker et Hayden en 1933 parlent déjà d’un temps d’attente optimal de 1,5 secondes). En effet, il s’agit pour l’athlète d’être prêt ni trop tôt ni trop tard. Le risque dans les deux cas est évidemment de se faire surprendre par le coup de pistolet. Notamment, à un instant où la concentration et l’attention se relâchent. Il existe plusieurs possibilités :

  • Jouer sur l’intensité du signal. Un son plus ou moins faible par exemple
  • Donner un retour à l’athlète sur son temps de préparation, ainsi que sur son temps de réaction. L’étape suivante est de lui demander d’évaluer lui-même ces durées. On espère ainsi l’aider à prendre conscience du temps, et ainsi diminuer encore un peu le temps de réaction.

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